L’HISTOIRE DES SEIGNEURIES DE LOMPRET

Source Gallica

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En 1143 on trouve la première référence à LONGO PRATO qui se transforme en 1200 en LONG PREID. Au fil des années qui suivent d’autres dénominations apparaissent: LONG PRÊT (1235), LONGPRET, LONGPREZ, LONPRE pour finir en LOMPRET.

L’adjectif « Longus » signifiait vaste, étendu.Les mots Prato ou Preid désignaient le pré. Nos terres devaient donc être de grandes prairies fournissant des fourrages abondants et de bonne qualité qui pouvaient permettre le rassemblement des troupeaux.

La mouvance et la contenance de la seigneurie vicomtière sont inconnues.

On rencontre un Etienne de Lompret dans un titre de l’abbaye de Loos de 1149 à 1166 cité par Théodore LEURIDAN dans son ouvrage de 1897 « Statistiques féodales du département du Nord »; Gérard de Lompret est cité en 1232, dans un acte de la paroisse Saint Pierre de Lille. (Mgr Hautcoeur, Cartulaire, p.212).

A cette époque Lompret faisait partie des hameaux constituant, dans la vallée de la Lys, le quartier des Weppes, l’un des 5 quartiers de la Châtellenie de Lille. La commune fournissait ses productions de base aux populations locales et voisines. Aujourd’hui encore l’agriculture reste une activité économique importante, plusieurs céréaliers, maraîchers, éleveurs et horticulteurs sont encore en exercice.

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Lille est à l’époque une ville jeune, en son sein une grande place qui accueille foires et négoces des productions agricoles des Weppes et du Mélantois dont les terres dites « chaudes » sont très fécondes. Ces foires importantes permettent à l’industrie drapière de se développer.  Regroupés en « gildes » ou « hanses » les marchands obtiennent peu à peu d’énormes privilèges allant jusqu’à prendre la direction des affaires de la ville.

En 1297, Philippe Le Bel annexe Lille et prélève l’impôt, la Flandre entière se révolte, mais il en garde la possession suite à une courte victoire lors de la bataille de Mons en Pévèle en 1304. Une nouvelle révolte se lève en 1323 suite à l’étouffement du milieu paysan par les impôts, Philippe V de Valois intervient lors de la bataille de Cassel en 1328.

La bougeoisie et le peuple auraient alors préféré qu’alliance fut prise avec l’Angleterre pays d’origine de la laine. Louis de Nevers favorable au roi de France meurt à Crecy lors d’une bataille contre les Anglais, son fils Louis De Male lui succède. En 1368, le roi de France Charles V est tenu d’intervenir pour empêcher l’union de Marguerite de Flandres avec un Plantagenet. Il rendra en cadeau de mariage la Flandre en 1369, Marguerite de Flandres épousant alors Philippe le Hardi, frère du Roi, Duc de Bourgogne et dont la mère possédait l’Artois.

Louis de Male sera incapable de maîtriser la révolte qui naîtra du mécontentement latent et de l’opposition de Gand et Bruges concernant la maîtrise de la Lys. Deux ans plus tard, les troupes flamandes passent la Lys à Warneton et cernent la châtellenie de Lille. C’est à Rosebeke que le roi de France livra bataille contre les Gantois pour remettre Monsieur de Flandres sur ses terres. L’histoire nous rapporte que 25000 personnes ou plus y perdirent la vie. Parmi ces victimes figurait Wautier dit Morel De Halluin qui laissa en héritage à son fils Jean la Seigneurie de Lompret, de Sainghin en Mélantois et le Chastel de Frelinghien.

Les terres étaient une possession de la maison DE HALLUIN. En 1295  le domaine qui appartient aux seigneurs de la DOUVE dit de NEUVE EGLISE est divisé en deux. Apparaissent alors la seigneurie de LASSUS et celle de LA PHALECQUE.

Le souvenir des seigneurs de la DOUVE est toujours présent puisque les Armes de la « Douve d’Or à trois chevrons de sables » sont restées les armes de la ville.

Au XV éme siècle, Lompret est aux mains de Jean de Halluin, seigneur de Sainghin-en-Mélantois, de Lompret et du Chastel de Frelinghien, fils de Wautier, dit Morel de Halluin, tué d’un coup de canon à la bataille de Rosebecque le 27 novembre 1382, et de Catherine Parole. Jean de Halluin mourut sans descendance le 19 novembre 1449 et fut inhumé aux Cordeliers de Lille. Il laissait son héritage à sa sœur Isabeau, épouse de Jean Reubs de Bruges. Leur fille Isabeau Reubs, dame de Sainghin et de Lompret, épousa Jacques de La Douve, dit de Neuve-Eglise, seigneur de Nieuwenhove, qui mourut le 18 juillet 1464. Après celui-ci vient Jacques de La Douve, mort en Chypre au mois de juillet 1484, époux de Pasquelette Mallet, fille de Thomas, seigneur de Berlettes, qui vivait encore en 1507.

On trouve successivement:

  • Pierre de La Douve, seigneur de Lompret en 1519
  • Jacques de La Douve,seigneur de Lompret vivant en 1551 et 1556,époux de Jossine de Mailly, dame de Rivière
  • Charles fils de ces derniers, mort en célibat en 1581
  • Bernard de La Douve, écuyer, frère de celui-ci, baron de Hauterive, seigneur de Sainghin et de Lompret. Il épousa Agnès de Mérode, fille de Bernard, seigneur de Rumen et de Marie Transilvain. Cette dame était veuve en 1595 et mère de deux filles encore mineures: Renée de La Douve, qui fut dame de Sainghin et épousa Warnier de Davre, chevalier, seigneur de Merlemont et Catherine de La Douve, dame de Lompret. Ladite Agnès de Mérode se remaria à Adrien Bette, seigneur de Fontaines et de Schellebelle.

Catherine de La Douve, dame de Lompret et de La Becque à Lambersart, épousa, en 1615, Henri de Rivière d’Arschot, baron de Heers, qui fut créé comte du Saint Empire, pour lui, ses hoirs et successeurs, par diplôme de l’empereur Ferdinand II, le 22 mars 1623, et qui fut bourgmestre de Liège en 1630. Leur fils Henri-Roger, comte de Rivière d’Arschot et du Saint Empire, épousa en 1640, Dorothée-Henriette de Coutereau et en eut six enfants dont aucun n’est qualifié seigneur ou dame de Lompret.

Jusqu’à la Révolution, de nombreux seigneurs se succédèrent. Sur les actes notariés de Maître Pierre Mille est cité Philippe Du Beron, écuyer, seigneur de Lompret, demeurant à Lille et les registres paroissiaux entre 1600 et 1700 font figurer la famille De Sarrazyn comme « les seigneurs de Lambersart, Lompret, Villers et autres lieux ».

Au XVIII ème siècle Lompret était dans la famille Jacobs. Pierre-Louis-Joseph Jacobs, écuyer, était seigneur d’Hailly, de Lompret et d’Aigremont. Il eu pour successeur son fils Henri-Ambroise-Ernest, mort le 25 août 1764. Le fils de ce dernier, Henri-Louis-Marie Jacobs, chevalier, marquis d’Aigremont, seigneur de Lompret, prit part à l’assemblée des nobles du Bailliage de Lille pour l’élection des députés aux Etats généraux de 1789.

Ses enfants: Messire Louis et Demoiselle Catherine Jacobs, pour perpétuer la mémoire de la famille eurent leurs noms gravés sur la cloche « Louise-Catherine » bénite en 1788 sous Maître Six, curé de Lompret, qui émigra en 1791.

Les terres:

  • Le BOIS, à Lompret, tenu de la baronnie de Cysoing en justice de vicomte comprenait 16 bonniers 15 cents près du fief de La Phalecque et des rentes sur 3 bonniers 3 cents.

En 1595, à Messire François de Soyecourt, chevalier, fils aîné et héritier d’Antoinette de Raisse, comtesse de Chaulnes, veuve, en premières noces, de Jean, seigneur de Soyecourt et en secondes noces, de Louis d’Oignies, et héritière de Messire François d’Oignies, son fils, chevalier de l’ordre du roi de France, tué à la bataille de Saint Denis en 1567.

Le fief du Bois a été acquis du comte de Chaulnes, vers 1603, par Jeanne Dellot, fille de feu Guillaume.

  • Le LYMIER à Lompret, tenu en justice vicomtière de la baronnie de Cysoing, consistait en rentes dues par plusieurs hôtes et tenants et en 4 hommages parmi lesquels le Petit-Ploich et Petitpas à Lompret.

Dame Agnès de Mérode, douairière de Sainghin-en-Mélentois, veuve de Bernard de La Douve, dit de Neuve-Eglise, en son temps écuyer, seigneur de Sainghin, mère et tutrice légitime de demoiselles Renée et Catherine de La Douve, 1595.

– PETITPAS, à Lompret, hommage du Lymier au dit lieu.

  A Lambert de Mannuy, écuyer, seigneur de La Turie, fils de feu Jean, 1595.

– Le PETIT-PLOICH, à Lompret, hommage du Lymier au dit lieu.

   A Louis Honglet, écuyer, seigneur des Marets, à cause de Jeanne de La Chapelle, fille de feu Jean,1595.

  • VILLERS, dit aussi VILLERS-HUTEUX, à Lompret, tenu de la baronnie de Cysoing en justice de Vicomte, comprenait un gros château et 15 bonniers tenant au fief des Goutières, et des rentes sur 5 bonniers et demi.

La seigneurie de Villers-Buteux appartenait:

au XVI ème siècle, à Marguerite de Lille, comtesse de Bucquoy, dame de Fresne, fille unique d’Adrien de Lille, seigneur de Fresne, et de Hélène de Bourgogne. La comtesse de Bucquoy, mère du célèbre comte de Bucquoy, généralissime de l’empereur Ferdinand II, vendit avant 1595 la seigneurie de Villers-Buteux à Chrétien Sarrasin, chevalier.( A.Fremaux,  Généalogie Ruffault),

puis passa au Chevalier Chrétien Sarrazyn,

et au XVIIéme siècle, Nicolas-françois Faulconnier, écuyer, anobli en 1665, receveur des consignations de la gouvernance du Baillage de Lille, était seigneur de Wambrechies, Pérenchies et Villers, en 1695. Son fils mourut sans alliance, brigadier des armées du Roi, le dernier de sa famille, et la seigneurie de Villers fut alors vendue à N…. de La Fontaine, seigneur de Canicourt.

  • LASSUS, à Lompret, hommage de Rosembois, à Fournes.

A Catherine de La Douve dite de Neuve-Eglise, fille mineure de Messire Bernard, chevalier, seigneur de Sainghin-en-Mélentois, 1595.

  • La PHALECQUE, à Lompret, tenu de la seigneurie des Prets, à Fournes contenant 26 bonniers 14 cents, y compris 2 bonniers d’héritages cottiers.

– Jean de la Lascherie, écuyer, époux d’Antoinette de Fresnoy, dite de la Vigne, était seigneur de La Phalecque à Lompret dans la seconde moitié du XV ème siècle. Sa fille Agnès de la Lascherie s’allia, en 1499, à Maître Bruno du Mortier, seigneur des Florins, de Layens, des Mottes à Bouvines et du Sartel à Wattrelos, licencié ès-lois, conseiller de la Gouvernance de Lille. Elle le rendit père de quatre enfants parmi lesquels, Jean, qui suit:

– Jean du Mortier, écuyer, seigneur de Layens, des Mottes et de la Phalecque, fut, dans sa jeunesse, page de François de Melun, premier comte d’Epinoy, et obtint confirmation de noblesse, avec anoblissement pour autant que de besoin, par lettres patentes de l’empereur Charles-Quint du 23 novembre 1549. Il épousa Isabeau de la Broye, fille de Gautier, écuyer, et de Françoise d’Ollehain, dame de Gondecourt, d’Estaimbourg et de Bouvignies. Jean fut père de six enfants entre lesquels, Jean II.

– Jean II du Mortier, écuyer, seigneur de Layens et de La Phalecque, épousa Catherine Van Grave, veuve de Bauduin de Baudrenghien, écuyer, seigneur d’Hubermont, et en eut deux filles. Marie, l’aînée, dame de Layens, de La Phalecque, s’allia, en 1604, avec son parent Rasse Van Grave, dit de Grez. Les deux époux vendirent le fief de La Phalecque, par acte passé le 15 mai 1606, à Nicolas Imbert, seigneur de Sénéchal qui fut anobli, moyennant finance, le 17 mars 1608. (Comte PA du Chastel, Notices généalogiques tournaisiennes, art. du Mortier).

– Nicolas-Guillaume Imbert, écuyer, descendant de Nicolas, était seigneur de Sénéchal, de La Phalecque, d’Ennevelin et du Planty. Son second fils Christophe-Antoine-RobertImbert, chevalier, seigneur de La Phalecque, de Sénéchal et du Planty, capitaine au corps royal d’artillerie au régiment de Grenoble, est mort à Lille le 21 mai 1810. Son petit-fils Eugène-Adrien Imbert de La Phalecque siégea à la Commission Historique du Nord.

  • Les GOUTIERES, à Lompret, tenues de la seigneurie de Sainghin-en-Mélantois, à 10 livres de relief, comprenait 7 bonniers 12 cents d’héritages et des rentes sur environ 10 bonniers et demi.

A Jean-Antoine Dommessent, écuyer, seigneur des Goutières, par achat de Jacques Regnault, 1621.

 

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